Relever le défi du changement climatique

“Les conséquences récurrentes du changement climatique sont comme une lente ponction sur l’économie. Chez Kempen, nous allons plus loin qu’une approche purement formelle et prenons des mesures concrètes, qu’il s’agisse de promouvoir les obligations vertes ou de définir un cadre d’engagement sectoriel, afin de mettre en œuvre une nouvelle politique climatique ambitieuse tout au long de notre processus d’investissement.”
Danny Dekker, Conseiller senior en investissements d’impact et responsable

Le changement climatique a de profondes implications pour le bien-être des êtres humains et de l’environnement, et les répercussions concrètes des changements environnementaux sont de plus en plus prises en compte par les marchés financiers. 

En 2020, pour maintenir notre avance en la matière, nous avons publié notre nouvelle politique en termes de changement climatique, grâce à laquelle nous sommes devenus l’une des premières sociétés de gestion à s’engager à ne produire aucune émission nette d’ici 2050. Notre politique repose sur des politiques respectueuses du climat dans des domaines allant des obligations vertes à l’exclusion du charbon, en passant par l’actionnariat actif, et définit des objectifs à court et moyen terme afin d’aligner nos portefeuilles sur les objectifs de l’accord de Paris, de l’accord néerlandais sur le climat (Klimaatakkoord) et des ambitions de l’UE de parvenir à la neutralité carbone. 

Tableau 3: Les objectifs de notre politique climatique pour 2025, 2030 et 2050

Cette politique est déjà mise en œuvre. Par exemple, deux des nouvelles positions initiées en 2020 au sein de notre Sustainable Equity Fund étaient Rational, un fabricant allemand d’appareils de cuisson économes en énergie, et Belimo, un fournisseur d’équipements pour rendre les biens immobiliers plus performants sur le plan énergétique. En identifiant des entreprises et des entités qui apportent une contribution évidente à la lutte contre le changement climatique, nous devrions atteindre un taux de décarbonation qui respecte les critères de référence de l’UE (environ 7 % de réduction par an). 

Illustration 11: Trajectoires climatiques de l’UE pour parvenir à la neutralité carbone

Un Actionnariat Actif

La priorité accordée à la transition vers une économie à faible émission de carbone, en particulier pour les entreprises et les secteurs les plus émetteurs de carbone, était l’un des principaux objectifs de notre stratégie en matière d’actionnariat actif en 2020, notamment au travers de nos échanges avec Shell et Equinor.

Seule une collaboration mondiale permettra de lutter contre le changement climatique. À cette fin, nous poursuivons notre action pour promouvoir des projets tels que la Climate Action 100+, la plus grande initiative en matière d’engagement menée par des investisseurs, qui vise à garantir que les plus grandes entreprises émettrices de gaz à effet de serre prennent les mesures nécessaires pour lutter contre le changement climatique. L’initiative CA100+ regroupe actuellement 545 investisseurs qui représentent plus de 52 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Nous agissons actuellement en tant qu’investisseurs principaux sur plusieurs missions de la Climate Action 100+.

Nous avons également participé à la création du Cadre d’investissement net zéro de l’IIGCC afin de fournir un modèle pratique aux détenteurs et gestionnaires d’actifs pour qu’ils suivent notre exemple en matière d’investissement « net zéro », et nous avons publié plusieurs articles pour présenter nos dernières réflexions sur les risques et opportunités climatiques. Notre équipe spécialisée sur les actifs réels a récemment publié ses conclusions sur l’importance d’utiliser des données ESG prospectives (ainsi que des données historiques, telles que les données sur les émissions) afin de pouvoir effectuer des prévisions plus précises, d’aider les entreprises à améliorer leurs notations ESG et de les rendre beaucoup plus crédibles, intéressantes et investissables à long terme.

L’ESG AU CŒUR D’UN NOUVEAU FONDS

Cette année, nous avons lancé un nouveau fonds, le Kempen Sustainable Global High Dividend Fund. Ce portefeuille diversifié est composé d’une soixantaine de sociétés cotées dans le monde entier, qui offrent un taux de rendement du dividende intéressant tout en respectant des critères de développement durable explicites.

Le fonds a une approche résolument axée sur le développement durable. Comme les autres fonds de Kempen, il exclut les entreprises impliquées dans les secteurs de l’alcool, qui vont à l’encontre du bien-être des animaux ou qui produisent de l’électricité à forte intensité de carbone. En plus de ses autres stratégies fondées sur les dividendes, gérées par des gérants de portefeuille expérimentés, le fonds n’investit que dans les entreprises qui favorisent la transition vers une économie bas carbone. L’approche intègre des ajustements relatifs à l’ESG sur les marges, la croissance et les coûts du capital. Qui plus est, en tant que gérants actifs, nous nous engageons auprès des entreprises dans lesquelles nous investissons pour nous assurer qu’elles s’alignent sur notre objectif de réduction des émissions et qu’elles améliorent leur profil global en matière de durabilité.

PAS SEULEMENT UNE DESCENTE EN PENTE DOUCE
Le fonds suit une approche rigoureuse. Nous suivons la trajectoire de référence de l’UE en matière de transition climatique, qui exige une réduction de 7 % des émissions d’une année sur l’autre. Mais notre approche active nous amène à ne pas nous contenter d’acheter des entreprises qui sont déjà « vertes ». Nous pouvons également investir dans des entreprises dont les émissions sont relativement élevées aujourd’hui, mais dont nous pensons qu’elles ont un programme efficace de transition vers un modèle à faible émission de carbone pour les années à venir. En matière de climat, notre objectif est de contribuer à la réduction des émissions mondiales de CO2e.

Par exemple, lors de son lancement, le fonds a investi dans l’entreprise portugaise de services aux collectivités EDP. Le fournisseur national d’énergie du Portugal n’est pas un investissement « net zéro » à l’heure actuelle, mais il est l’un des principaux producteurs d’énergie éolienne et possède une activité florissante dans le domaine des énergies renouvelables qui le place sur une trajectoire très positive en matière de carbone. L’entreprise prévoit également de fermer ses unités de production les plus énergivores à très court terme.

L’EMPREINTE CARBONE DE KEMPEN

Nous avons mesuré l’intensité carbone de nos propres fonds gérés en interne pendant six ans. Depuis 2017, nous évaluons l’empreinte carbone de l’ensemble de nos actifs sous gestion. Comme le montre l’illustration 12, les investisseurs sont de plus en plus nombreux à demander que l’on mesure l’impact climatique de leurs investissements. Cela permet aux clients et plus largement aux parties prenantes de comparer les empreintes carbone de différentes options d’investissement, et fournit aux investisseurs eux-mêmes une base de référence à partir de laquelle les réductions de l’impact carbone peuvent être mesurées. Cela constitue également une base à partir de laquelle l’on peut définir des objectifs et des engagements pour l’avenir. En 2020, nous nous sommes engagés à long terme et nous sommes fixé comme objectif de devenir investisseurs « net zéro » d’ici à 2050. Nous avons également établi des objectifs intermédiaires pour 2030 et des objectifs à plus court terme pour 2025. 

Illustration 12 : Une industrie en phase de transition
LES INVESTISSEURS SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX À VOULOIR MESURER LEUR EMPREINTE CARBONE

RÉSULTATS GLOBAUX

SYNTHÈSE DE L’EMPREINTE CARBONE

En 2020, l’intensité carbone des portefeuilles gérés par Kempen a diminué. Alors que la portée de l’analyse de l’empreinte carbone de nos actifs a augmenté pour couvrir 34,2 milliards d’euros (2019 : 27,3 milliards EUR), le volume total des émissions de carbone financées est resté au même niveau (2020 et 2019 : 3,4 millions de tonnes de CO2e). La diminution de l’intensité carbone se reflète dans la baisse des deux paramètres de mesure de l’empreinte carbone, à savoir les émissions de carbone par million d’euros investis (2020 : 100,1) et l’intensité carbone moyenne pondérée (2020 : 148,2). 

La réduction de notre empreinte carbone s’observe à la fois dans les fonds de Kempen gérés en interne et dans les fonds externes, notamment parce que nous observons que de plus en plus de clients se tournent vers des fonds ESG à faible empreinte carbone. Nous constatons que de plus en plus de clients (institutionnels) recherchent des actifs ayant une intensité carbone plus faible afin d’aligner leurs portefeuilles sur les objectifs de l’accord de Paris et de l’accord néerlandais sur le climat (Klimaatakkoord). Cette tendance devrait se poursuivre avec l’intérêt croissant des régulateurs pour les questions ESG et climatiques, et avec l’introduction de la réglementation européenne sur la finance durable en 2021 (SFDR) et 2022 (niveau 2 de la SFDR et taxonomie européenne).

En collaboration avec des experts d’ISS ESG, nous avons calculé notre empreinte carbone sur différentes classes d’actifs, y compris les actions, les obligations d’entreprises et les obligations d’État. Ces évaluations ont été effectuées conformément au « principe actionnarial » du Greenhouse Gas Protocol. Vous trouverez une description complète de la méthodologie ici. Nous avons pris en compte les émissions directes (scope 1) et les émissions indirectes qui découlent de la production d’énergie achetée (scope 2).

Les résultats correspondent à notre portefeuille au troisième trimestre de 2020, et aux données sur le carbone de 2018. Les chiffres ne représentent que la partie de nos actifs sous gestion pour laquelle les informations sur le carbone étaient disponibles pour les actions cotées, les obligations d’entreprise et les obligations d’État. Le calcul de notre empreinte couvre 48 % de nos actifs sous gestion totaux, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’an passé. Dans les années à venir, nous entendons augmenter la proportion de nos actifs sous gestion pris en compte dans ce calcul. 

Le tableau ci-dessous décrit notre empreinte carbone globale et les actifs sous gestion qu’elle couvre. Les émissions de carbone financées par Kempen s’élèvent à 3,4 millions de tonnes et ses émissions de carbone par million d’euros investis sont de 100,1 tCO2e, avec une intensité de carbone de 148,2 tCO2e. Vous trouverez de plus amples informations sur ces trois mesures du carbone ici.

Tableau 4 : Résultats globaux de l’empreinte carbone et des émissions*

* Les émissions de CO2e comprennent les émissions de scopes 1 et 2. Données relatives aux émissions de CO2e pour 2018. Données relatives aux actifs sous gestion au 30/9/20

Émissions de carbone financées: ce chiffre mesure l’empreinte carbone absolue d’un portefeuille (en tonnes de CO2) en fonction de ses participations dans les sociétés sous-jacentes. La participation dans chaque entreprise est calculée en fonction de la valeur de l’entreprise et multipliée par l’empreinte carbone de cette entreprise.

Émissions de carbone par million d’euros investis: cette mesure relative indique combien de tonnes de CO2e un investisseur finance au titre de sa participation dans une entreprise ou un portefeuille donné. Cette métrique traduit l’exposition au carbone d’un investissement et se mesure en divisant l’empreinte absolue du portefeuille par le montant total investi dans le portefeuille.

Intensité carbone moyenne pondérée: cet indicateur calcule l’exposition d’un portefeuille à l’intensité carbone des entreprises (exprimée en tonnes de CO2e/million d’euros de revenus) multipliée par le pourcentage de l’entreprise détenu dans le portefeuille.

Le tableau ci-dessous présente les émissions agrégées ventilées pour tous les fonds de Kempen gérés en interne.

Dans l’ensemble, les chiffres montrent que la plupart des fonds de Kempen sont moins intensifs en carbone que leurs indices de référence, ce qui indique que les entreprises incluses dans les portefeuilles ont une intensité de carbone relativement plus faible que leurs homologues du secteur. Les objectifs de l’accord de Paris exigent une intensité carbone plus faible, en plus de la baisse du niveau de carbone absolu. Nous accompagnons les entreprises sur la voie d’une économie plus sobre en carbone grâce à notre politique d’actionnariat actif.

Tableau 5: Répartition de l’empreinte carbone des fonds cotés de Kempen

Source : Kempen 2020
*Par rapport à l’année dernière, les deux mesures du carbone de la plupart des fonds ont diminué, en particulier l’intensité carbone moyenne pondérée. Ce qui est conforme à notre politique climatique, dans la mesure où cette mesure est notre principal indicateur. Cette tendance positive se reflète également dans notre comparaison avec l’indice, puisque la plupart des fonds affichent des chiffres inférieurs à ceux de leur indice. Lorsque les fonds affichent des valeurs plus élevées, ces écarts sont faibles ou la majorité des mesures du carbone ont diminué par rapport à l’année dernière.
Pour Kempen Oranje Participaties, l’indice utilisé est le MSCI Europe Small Cap et pour Kempen Non-Directional Partnership, l’indice utilisé est le MSCI World.

À L’AVENIR
De plus en plus de gouvernements, d’entreprises et d’investisseurs se sont engagés à atteindre la neutralité carbone. Après l’UE et le Royaume-Uni, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont également dévoilé leurs engagements en 2020. Grâce à l’arrivée de Biden au pouvoir de l’administration , les États-Unis sont de retour dans l’accord de Paris et ce dernier a déjà annoncé l’inclusion d’investissements en faveur de la lutte contre le changement climatique dans plusieurs plans de relance pour faire face à la COVID-19.

En outre, l’Union européenne a renforcé ses ambitions pour 2030, avec notamment une réduction de 55 % de ses émissions, en accord avec son engagement de parvenir à la neutralité carbone en 2050. La réglementation européenne qui l’accompagne (le plan d’action pour la finance durable de l’UE) sera mise en œuvre en 2021 (SFDR) et se poursuivra en 2022 (niveau 2 de la SFDR et taxonomie européenne) et au-delà. Ceci est complété par l’accord néerlandais sur le climat (Klimaatakkoord) qui exige des institutions financières qu’elles publient leur empreinte carbone à partir de 2020 et qu’elles prennent des mesures concrètes au plus tard en 2022 pour soutenir les objectifs de réduction des gaz à effet de serre de l’accord d’ici 2030. En tant que société de gestion active axée sur la création de valeur à long terme, nous sommes bien placés pour relever le défi du changement climatique.

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